Début 1900 : des conditions propices à la création d’un champ d’aviation
En 1894, un champ de manœuvre militaire pour la garnison de Niort (le régiment de hussards implanté à la caserne Du Guesclin) fut créé sur le territoire de Souché en expropriant 46 hectares appartenant à plusieurs propriétaires.

En 1910, la semaine de l’air organisée par la société des fêtes de la charité de NIORT du 27 mars au 3 avril lance l’aventure aéronautique à NIORT. Elle se déroule sur le champ de manœuvre militaire appartenant au 7ème régiment des Hussards, prêté par l’armée. Les bases du futur aérodrome sont ainsi jetées, pour passer du cheval à l’avion.
Six aviateurs vinrent faire des démonstrations sur des monoplanes de l’époque :
- 2 biplans VOISIN, moteur 50 CV, pilotés par messieurs CHAMPELL et BELLOT.
- 1 BLERIOT XI, moteur Anzani 3 cylindres 25 CV, piloté par monsieur BUSSON.
- 1 BLERIOT XI, moteur Gnome, rotatif 50 CV, piloté par monsieur DE LESSEPS.
- 1 BLERIOT XI, pilote par monsieur NOEL
- 1 DEMOISELLE type Santos Dumont, piloté par monsieur WEYMANN
La manifestation fut contrariée par des vents violents, qui ne permettaient pas à ces appareils (dont la vitesse variait entre 50 et 60 km/h !) de décoller. Les niortais vinrent cependant nombreux pour admirer ces engins, en attendant l’accalmie qui leur permettrait de faire un tour de piste. Lorsque celui-ci était réalisé sans incident, c’était l’admiration, et ce fut du délire quand DE LESSEPS, le dernier dimanche, parvint à effectuer un vol sur la ville à 300 mètres d’altitude.
Le dernier jour, 3 avril, un ballon avec son pilote M. LASSAGNE et deux passagers fut lâché place de la Brèche et atterrit à FORS, distant de 12 km.


1912 : L’automobile club des Deux-Sèvres (récemment créé le 2 mars 1911) décide, lors de son assemblée générale du 5 mars 1912, de prendre le nom d’aéro-automobile-club des Deux-Sèvres (A.A.C.D.S.).

1913 : L’A.A.C.D.S. organise une « séance d’aviation » qui permet aux Niortais de découvrir les premiers « loopings » sur l’aérodrome avec LEGAGNEUX sur biplan SOMMER, AUDEMARS et Roland GARROS.

Pour la circonstance, GARROS a fait transporter ses deux aéroplanes de Bordeaux à Niort par voie ferrée (ci-dessous, sa lettre au chef de gare).

1919 : Après la guerre de 14-18, quelques jeunes ayant combattu dans l’aviation débutent une collaboration avec l’Aéroclub du Poitou en créant une » École de mécaniciens d’aviation » pour former les jeunes qui désiraient effectuer leur service militaire dans cette Arme. Ces instructeurs, qui étaient bénévoles, ont ainsi éduqué chaque année une vingtaine d’élèves, qui partaient avec leur brevet de mécanicien.
Le matériel d’instruction était des plus précaire : un POTEZ désentoilé, quelques moteurs de différents types, des hélices et des accessoires divers. Cette école put ainsi fonctionner dans un ancien manège du quartier Du Guesclin mis à la disposition des utilisateurs par l’autorité militaire.
L’entre-deux guerres : un essor rapide des activités aéronautiques (vol moteur, vol planeur, …)
1927 : Création officielle de l’Aéro-club des Deux-Sèvres le 20 mars avec un premier bureau présidé par Paul AUBERT et des statuts déposés en préfecture le 28 mars.
La première difficulté résidait dans le fait qu’il ne possédait pas d’aéroplane, et dans le cas ou il en aurait eu un, pas d’aérodrome pour le faire évoluer. Le bureau a alors demandé au colonel DE VASSELOT (armée de l’Air) d’accepter la présidence d’honneur de l’association afin d’obtenir, grâce à son appui, la location du terrain de manœuvre de Niort-Souché.


Le 1er bulletin de l’ACDS, tiré à 2 500 exemplaires, publié le 1er août 1927 présente 8 pages d’informations générales et locales. En décembre, l’ACDS annonce compter 900 adhérents (il annoncera en compter 1 195 en 1930) : à défaut d’être tous membres actifs, ces adhérents représentent un réel soutien moral et financier.
1928 : Premier meeting réalisé par l’Aéro-club afin de rechercher des financements pour les projets immobiliers de l’association.


1929 : Construction du premier hangar de l’Aéro-club et « carte VAC » de 1932.
Ce hangar abrita alors son premier avion : un POTEZ de 70 CV, acheté par un membre de l’association (monsieur BOURGINE).
Les années suivantes, grâce aux bénéfices réalisés par des meetings, un bal annuel, et les cotisations des membres, l’aéroclub a pu réunir les fonds pour aménager le terrain et réaliser le balisage.
Un poste d’avitaillement est installé sur le terrain.

La ville demande officiellement une liaison Niort-Le Bourget car « la ganterie a des clients en Angleterre et en Belgique ».
1930 : A l’occasion de la foire exposition de Mai, la chambre de commerce et l’aéroclub des Deux-Sèvres organisent, en plus d’une exposition nationale d’aviation, un « premier essai d’aviation commerciale NIORT-PARIS » (A.R. dans la journée) pendant 4 jours.

Le ministère de l’Air attribua à l’association un CAUDRON C 59 puis l’atelier de l’aéroclub remis en état un MORANE 35 : ainsi, le CAUDRON était conservé pour les pilotes confirmés et le MORANE utilisé pour l’école.


1931 : au cours d’un meeting, un as, chef pilote chez BLERIOT, le jeune VILLECHANOUX s’est tué sur le terrain de l’aéroclub aux commandes d’un prototype d’avion de chasse. Un monument a été élevé à sa mémoire à l’entrée de l’aérodrome.
L’aéroclub se dote d’un nouvel avion : un CAUDRON C 60
1934 : Les premiers baptêmes de l’air et promenades avec un quadriplaces Caudron 510 Pélican et un biplace POTEZ 60.

1935 : Création d’une section vol à voile qui débute avec un planeur AVIA construit par TOURON de POITIERS . Cet appareil est lancé par une voiture aménagée en treuil et le monitage était assuré par André ESSERTEAU.

1937 : Avec l’avènement de l’aviation populaire, un chef pilote, monsieur MICHIELS, et un mécanicien, monsieur PERVENCHON, furent engagés. Le parc s’enrichit d’un CAUDRON Luciole et d’un CRI CRI SALMSON et les candidats affluent.

Le dynamisme de l’aéroclub des Deux-Sèvres se traduit notamment par la mise en œuvre de trois sections :

1939-1945 : L’activité de l’Aéroclub est stoppée et l’aérodrome occupé par l’armée allemande.
1944 : renaissance de l’aéroclub et évolution au cours des trente glorieuses
1944 : Après le départ de l’occupant qui a détruit les installations, l’aérodrome est pris en compte par l’armée de l’Air qui reconstruit le hangar et des logements pour la troupe.
Les membres de l’aéroclub se réunissent à nouveau après cinq ans de mise en sommeil de l’association. Monsieur Maurice DESCHAMPS, ancien pilote du groupe des Cigognes en 1916, est élu président. Il faut repartir de rien : il n’y a plus de matériel, plus d’avions, plus de planeurs et l’armée de l’Air abandonne son projet de création d’une base de planeurs de débarquement et quitte Niort en 1945.
Les documents ci-dessous des premiers CA d’après guerre, sont disponibles aux archives départementales à Niort et référencés sous la cote 297 J.


1946 : une première affectation, un planeur CAUDRON C 800 arrive à NIORT avec l’instructeur et le matériel de mise en œuvre. Monsieur DESCHAMPS fait don d’une voiture Peugeot qui est modifiée pour le treuillage et monsieur LAURENT, instructeur planeur du SALS, est affecté à NIORT pour y débuter l’activité Vol à voile.
En Mai, un BUCKER 181, avion biplace allemand de récupération, est mis à la disposition de l’aéroclub des Deux-Sèvres et l’instruction reprend timidement avec monsieur JEAMBEL, commandant de l’armée de l’Air en retraite, comme chef-pilote auquel succède ensuite monsieur DELIME, ancien du groupe ALSACE et membre du club avant la guerre.
A l’été, l’état prête aux associations des avions et planeurs dont il garde la propriété, qu’il remplace en cas de fin de potentiel, d’entretien majeur ou d’avaries graves. Seul, l’entretien courant est assuré par les associations. Ainsi, l’aéroclub des Deux-Sèvres réceptionne des planeurs SG 38, CASTEL 301 S et NORD 1300 (trois monoplaces qui permettent les premiers lâchés). Il reçoit, dans le même temps, un avion MORANE 315 neuf, biplace-école grâce auquel l’activité en double commande augmente considérablement. L’entretien courant de l’ensemble de ce parc est assuré par monsieur BABIN, du garage DESCHAMPS, détaché à l’aéroclub.
1947 : La flotte de l’Aéroclub est constituée de deux avions biplaces neufs SV4 STAMPE qui remplacent le MORANE 315, un planeur biplace école CASTEL 25S remplace le C 800, le monoplace C 301S est remplacé par un C 30S et un nouveau monoplace CASTEL 310P est attribué. La vieille Peugeot est remplacée par un treuil FORD donné au club.

Georges LAURENT effectue la première épreuve de distance « D » : 50 km à bord du C 310P.
1948 : Un avion triplace de 230 CV MORANE 502 est affecté à NIORT, il permet de réaliser les premiers vols remorqués en planeur en complément de ceux toujours effectués au treuil.
1949 : En fin d’année, succédant à Fernand DELIME, Georges LAURENT devient chef_pilote avion et planeur.
1951 : Une nouvelle dotation provenant des surplus de l’armée intervient : un avion SNCAN 853, biplace école moderne (souffrant néanmoins du manque de fiabilité de son moteur), un avion DE HAVILLAND TIGER MOTH, biplan de 130 CV des années 30 qui effectuera le remorquage planeur durant de nombreuses années.
Les 3 modèles suivants ont appartenu à l’aéroclub des Deux-Sèvres au cours des années 50 et 60 :

TIGER MOTH DH82A : l’exemplaire de l’aéroclub des Deux-Sèvres était immatriculé F-BDOK. (1950 – 1972)

SNCAN Type 853S : l’exemplaire de l’aéroclub des Deux-Sèvres était immatriculé F-BCTM. (1951 – 1958)

Sté Paul AUBERT Type PA 204S : l’exemplaire de l’aéroclub des Deux-Sèvres était immatriculé F-BFRU (1952 – 1956)
1952 : L’activité augmente significativement avec l’arrivée d’une section d’une vingtaine de jeunes sous-lieutenants de l’EAI de SAINT-MAIXENT venant s’initier aux sports aériens.
1953 : Le parc planeurs grossit en conséquence avec l’arrivée d’un deuxième C 301S, d’un CASTEL 311P et d’un SA 103.
La première épreuve de distance « E »:300 km en planeur C 311P (NIORT-PAU) est accomplie par Georges LAURENT.
La construction d’un bébé JODEL est initiée sous la direction du chef-pilote.
1955 : Max MELIN devient le premier salarié du club comme mécanicien d’entretien.
Le matériel n’est plus remplacé par l’état : La société NIORAVIA est mise sur pied (président André ESSERTEAU et menuisier salarié Jean Claude DESIRE) pour lancer la construction de deux JODEL biplaces. Le premier JODEL volera à la fin de 1957 et le second au début de 1958.
1957 : Le treuil est définitivement abandonné au profit du remorquage avion (MORANE 502, puis TIGER MOTH et enfin SV4 STAMPE).

La silhouette du SV4 STAMPE (identique à celui utilisé à l’aéroclub des Deux-Sèvres)
1958 : Max MELIN, à l’issue de ses stages instructeur avion et planeur, devient chef-pilote durant l’été 1959.
Le club finance l’achat d’un planeur WASSMER WA 20 « JAVELOT ».

Années 60 et 70 : L’évolution des matériels a conduit l’aéroclub à investir successivement dans de nouveaux appareils au cours de cette période :
En avions : ROBIN DR 221, DR 340, DR 400 2+2, DR400 DAUPHIN, MORANE 892, MORANE TAMPICO.
En planeurs : BREGUET 905, M 100S, CRA 60, biplaces WA 30 et M 200, ASTIR G 102 et PEGASES C 101.
En remorqueurs : MORANE 317 puis MORANE 893.
1961 : L’Aéro-Club des Deux-Sèvres organise son 1er concours régional de vol à voile.
1964 : premiers circuits triangulaires de 300 km avec retour au point de départ par Max MARAVAL et Jean MALVAUD en avril.
1976 : première épreuve de 500 km par Philippe LOGEAY en juillet
1983 : Fête aérienne avec la Patrouille de France
1989 : premier circuit de 500 km avec retour au point de départ par Patrice GUERENTE
1990 : l’aéroclub des Deux-Sèvres représente :
- plus de 130 membres
- 1 430 heures de vol d’avion
- 2 300 heures de vol de planeur
- cinq avions : ROBIN DR400 2+2, ROBIN DR400 DAUPHIN, MORANE MS 892, MORANE TAMPICO, MORANE MS 893 (remorqueur)

- 2 planeurs biplaces : BIJAVE WA 30 et M 200
- 7 planeurs monoplaces : CRA Fauconnet, WA 20 JAVELOT, M 100S Mésange, LCA 11 Topaze, G 102 Astir et 2 C 101 Pégase.

L’époque contemporaine : un retour aux sources de sa création avec un recentrage sur l’activité « vol moteur » (avion)
1999 : Meeting aérien avec la patrouille de France
2000 : l’aéroclub des Deux-Sèvres représente :
- 150 membres
- 2 salariés permanents
- 1 salarié saisonnier
- 1 260 heures de vol avion
- 1 114 heures de vol planeur
- 4 avions : 2 DR400, 1 TB 9, 1 MS 893 remorqueur
- 7 planeurs
- 5 brevets de base
- 4 brevets de pilote privé
Organisation du concours régional de vol à voile.
2002 : Du 17 août 1989 à juin 2002, une compagnie aérienne locale baptisée “Air Delta 79” installée sur le site de l’aérodrome a proposé des vols à différents passagers institutionnels ou non à bord d’un CESSNA 550 Citation immatriculé F-BTEL.
Cette compagnie faisait partie du portefeuille de sociétés du groupe Mutuelles Assurances des Instituteurs (MAIF) et de la filiale FILIA-MAIF basée à NIORT.
En juin 2022, elle met fin à ses activités et met en vente ses locaux implantés sur l’aérodrome.

Juin 2002 : L’aéroclub des Deux-Sèvres se porte acquéreur et en devient propriétaire au cours du même mois.
Septembre 2002 : inauguration des bâtiments.

2005 : départ de la section aéromodélisme qui créé sa propre association indépendante baptisée “aéromodel club niortais”.
Clarification et optimisation des activités:
Jusqu’en 2018: deux aéro-clubs niortais (l’aéroclub des Deux-Sèvres (ACDS) et l’aéro-club de NIORT (ACN) exerçaient les mêmes activités avec chacun une section vol moteur (avion) et une section vol à voile (planeur).
A compter du 1er Janvier 2019: à NIORT, l’ACDS assure désormais l’exclusivité du vol moteur et l’ACN (devenu le planeur club niortais ou PCN) exerce l’exclusivité du vol à voile.
A compter de cette date, l’ACDS retrouve sa configuration d’origine, telle que créée en 1927, consistant à offrir les seules et uniques prestations liées au vol moteur (avion).
Prestations offertes par l’association ACDS (loi 1901):
Le club met à disposition de ses membres (70 en 2025) deux avions ROBIN DR400-120 dédiés autant à la formation qu’aux voyages.
Il dispose de l’agrément “organisme de formation” et prépare aux différentes licences de pilotage avion (LAPL et PPL) ainsi qu’à certaines qualifications telles que le vol de nuit.
Il propose également au public des vols de découverte (30 mn) de type “promenade” (par des pilotes habilités) ou des passeports pour découvrir les premières leçons d’apprentissage et prendre le manche.

